Être dirigeant.e aujourd’hui, ou co-dirigeant.e, quelle que soit la taille de l’entreprise c’est incarner une posture comme en Aïkido : savoir recevoir les coups, savoir tomber pour mieux se relever, ne pas utiliser la force mais bien accompagner la puissance du mouvement qui se présente à soi. Sun Tzu l’avait compris il y a bien longtemps. Diriger c’est comme un art martial qui, à notre époque devient plus que stratégique face à l’environnement mouvant. Voyons en quoi le Soft Power Leader™ est “l’art martial pacifique du Leader”.

1. La voie du Soft Power Leader
Être en pleine responsabilité de son leadership se mesure par la capacité de répondre de ses actes comme aux situations opérationnelles à court terme.
Selon nous, le leadership n’est jamais déconnecté du terrain et des mouvements qui s’y opèrent puisqu’il l’insuffle et s’y engage au service de la vision. Le Soft Power Leader™ c’est “l’art martial pacifique du Leader”.
Cela requiert autant une posture tactique (avec des résultats visibles et mesurables rapides) que stratégique avec cette capacité à se projeter dans un avenir mouvant (nous apprécions l’approche de Jamais Cascio pour qui le monde ne serait plus VUCA: Volatility, Uncertainty, Complexity, Ambiguity mais B.A.N.I : Brittle, Anxious, Non-Linear, Incomprehensible) en pariant sur des retours sur investissements durables.
Selon le futuriste Jamais Cascio, nous vivons un changement de paradigme avec des “situations dans lesquelles les conditions ne sont pas simplement instables, elles sont chaotiques. Des situations dans lesquelles les résultats ne sont pas simplement difficiles à prévoir, ils sont complètement imprévisibles.” https://umanz.fr/a-la-une/20/05/2022/bani-un-nouvel-acronyme-pour-remplacer-vuca
Embrasser le présent comme le futur pour les dirigeants requiert une agilité d’esprit de haute voltige qui impose de mobiliser ses soft-skills de manière adaptative, rapide, habile.
La voie de la responsabilité prise en pleine conscience demande un haut niveau d’intelligence émotionnelle, d’écoute, de coopération…
C’est un peu comme prendre le costume d’un.e Samouraï toujours vigilant, souple et réactif pour adapter sa tactique à sa stratégie.
Identifier ses alliés, les menaces, les opportunités, comprendre les enjeux mouvants pour atteindre des objectifs en constante redéfinition et maintenir le cap d’une vision adaptative. Mais d’un point de vue humain, c’est cela peut apparaître comme une pression constante qui, nourrie par la surcharge mentale, augmente le stress, l’ego, coupe de l’écoute et génère perte de discernement.
La gestion de l’énergie demande de passer du contrôle à la maîtrise, ainsi qu’une souplesse et une ouverture d’esprit pacifique. Le « Soft Power Leader » en tant qu’Art martial du leader prend alors son sens. L’excès de contrôle épuise.
Le soft power est un concept utilisé en diplomatie internationale, développé par le professeur Joseph Nye dans son ouvrage « Bound to lead » en 1990.
Il y défend une autre conception du pouvoir de commandement, non pas basé sur la coercition mais sur la manière douce de convaincre. Immédiatement la question de la manipulation pose la question de l’éthique. À partir du moment où la manipulation est vue comme une influence de A sur B, et que l’on ne peut pas – ne pas influencer – comme nous ne pouvons pas – ne pas communiquer –, alors le soft power vient immédiatement mobiliser chez les leaders, leur Tao dans leur responsabilité.
Pour ne pas tomber dans les travers de la manipulation, il vaut mieux convaincre qu’influencer pour générer de l’adhésion vertueuse. C’est un axe plus difficile et ambitieux. Par peur du conflit, beaucoup se tournent vers le registre de l’influence au risque d’étouffer l’esprit critique et constructif dans la coopération.
La voie de la coopération ou de coopétition, ne peut ignorer la capacité à transformer les conflits en co-construction et créativité grâce à l’esprit de la médiation, qui consiste à trouver une solution win-win, qui prenne en compte les besoins de chacun.
C’est une dynamique qui va mobiliser de la clarté dans les intentions, de la transparence et de l’intérêt pour la richesse des différences.
L’esprit de la médiation ne cherche pas à plaire mais à co-construire une solution qui réponde aux besoins.

2. Garder le cap de la Vision tout en restant connecté au terrain
Aujourd’hui beaucoup de jeunes leaders (jeunes d’esprit, entendons-nous bien) ne se sentent plus en phase ni avec la stratégie, ni avec l’éthique ou la responsabilité qui en découle.
Comment s’engager dans un leadership vertueux motivé par la quête de sens et d’impact, avec le déni de la réalité écologique, environnementale, sociale qui engage la viabilité de la planète pour eux et leurs enfants ?
C’est juste impossible.
Trop souvent, les valeurs affichées des organisations ne s’illustrent pas dans les comportements ou les méthodes de management et de travail. Il y a un décalage entre le discours et la réalité, les valeurs deviennent hors-sol.
Les leaders qui s’adressent à nous en coaching cherchent de nouvelles voies pour convaincre leurs pairs, les actionnaires, mettre en œuvre concrètement les valeurs, rompre avec les anciens schémas.
Souvent aux prises avec des enjeux de pouvoir individualistes, les conflits larvés font partie d’un quotidien épuisant comme les jeux d’influence et de cooptation. Les dirigeants qui ont été choisis pour leur intelligence hybride, leur puissance de soft-skills, se retrouvent vite étouffés à leur prise de fonction dans les postes stratégiques. L’enjeu de taille pour s’affirmer avec assertivité, insuffler une nouvelle culture et générer de l’adhésion: comment devenir stratège et vertueux au milieu d’une guerre de leadership ? Comment transformer une culture “des uns contre les autres “vers une culture pacifiée et puissante “des uns avec les autres” ? L’art du soft power leader commence par l’écoute et l’intention d’entendre la réalité telle qu’elle est, sans jugement pour mieux impulser le changement.
La carte n’est pas le territoire. Sun Tzu l’avait compris il y a bien longtemps. Diriger c’est comme un art martial qui, à notre époque devient plus que stratégique face à l’environnement mouvant.

3. Des leaders en phase avec le conflit savent discerner les vrais combats.
Face aux enjeux d’innovation utilisons le Soft Power Leader™ en tant qu’art martial pacifique du Leader.
Dans cet environnement BANI, seules les organisations nourrissant un haut degré d’intelligence collective peuvent adopter un mouvement fluide et agile pour se développer de manière vertueuse. Les blocages sont humains, et il s’agit de les combattre en tirant de cette énergie une transformation de résilience.
Et par nature les humains ont des biais avec une “rationalité limitée” qui génère chez les décideurs (et selon Herbert Simon), un choix de solutions satisfaisantes plutôt qu’optimales. La quête du pouvoir aveugle, la quête du leadership partagé éclaire.
Il est temps que le rapport au conflit comme à la victoire ne puisse plus être envisagé de manière binaire comme en occident (pour / contre, gagner / perdre, combattre frontalement, faire usage de la force et de la menace) mais bien plus à la façon des dames chinoises (j’avance grâce à l’adversaire).
La stratégie de coopération sort toujours gagnante lorsque le rapport au temps est long et indéfini.
La théorie des jeux conceptualisée par Anatole Rapoport sur la stratégie coopération le démontre notamment. https://www.universalis.fr/encyclopedie/theorie-des-jeux/.
Une autre question qui se pose souvent dans le discernement des dirigeants, est importante à identifier en amont de la stratégie d’action :
Y a-t-il agression et menace immédiate ?
Et dans ce cas l’art de la guerre selon Sun Tzu apporte en effet un recul et une méthode d’analyse stratégique incontournable avec une tactique habile et rapide.
Ou y a-t-il simplement conflit (position réciproque de désaccord exprimé) ?
Et dans ce cas c’est une bonne nouvelle pour sortir du cadre et opter pour une approche en mode « win-win » qui est la plus appropriée lorsque les parties en conflits sont amenées à travailler ensemble dans le temps. Une donnée trop souvent ignorée.

4. La troisième voie : de Sun Tzu à l’esprit de la médiation
À la période des « royaumes combattants », de 1045 ans à 221 avant notre ère
Sun Tzu faisait partie des consultants spécialisés dans l’art de la guerre, pour y insuffler un changement de conception. La guerre n’était plus axée sur le combat, mais bien de déterminer le moyen le plus efficace de remporter la victoire avec un minimum de conflit.
Ensuite c’est l’influence de Confucius, philosophe, penseur et éducateur, né en 551 avant JC, qui a insufflé l’origine de la médiation en Chine. Selon lui, l’harmonie doit pénétrer en tout et régner partout : entre les hommes, entre soi et autrui, entre soi et la collectivité des autres hommes. L’humain est vu comme la valeur suprême, et l’harmonie peut être atteinte à condition qu’elle puisse respecter des règles.
Peu intégrée dans notre propre culture du conflit, la médiation vise à calmer les litiges pour les résoudre ou les éteindre. Elle implique à la fois une intelligence émotionnelle – le « yong », et une intelligence de situation qui vise à construire des relations saines pour le futur. Saviez-vous, que selon le Baromètre 2020 de la CMAP, 60% des médiations aboutissent à un accord ?

5. Les leaders d’aujourd’hui doivent choisir leur voie
À la période actuelle du « royaume de la guerre énergétique et climatique » en 2022
La responsabilité des leaders de ce monde est engagée. Certains ont pris la voie de la guerre, d’autres de la stratégie de la victoire, et enfin d’autres, celui du « He Wei Gui » qui prône l’idée que l’harmonie doit être au-dessus de tout.
La première voie est binaire, frontale, guerrière, qui donne des résultats à court terme, favorise-le « juste à temps » et s’inscrit dans une approche tactique, dominante, visant à écraser l’autre. Une approche qui s’effrite dans le temps sauf pour quelques rares dictatures (la Corée du Nord).
La seconde voie est stratégique mais unilatérale, égoïste voire technocratique, victorieuse financièrement (aux allures mégalomaniaques parfois –sic –) au détriment de la dimension humaine et écologique. Elle vise certes une victoire sur le long terme mais en négligeant les conséquences sociales avec un déni des impacts négatifs sur ce qui ne dessert pas ses intérêts (sociétaux, environnementaux, générationnels, économiques). Il reste ici une stratégie guerrière dont l’horizon temporel dit « long terme » s’arrête généralement aux frontières de la génération du leader.
La troisième voie, celle de la coopération, est ternaire, plus altruiste et exemplaire. Celle qui rapporterait visiblement le moins à court terme. La voie de la sagesse est une voie stratégique pérenne et durable qui engage l’intérêt des générations futures, des écosystèmes et embrasse sans le savoir, la philosophie du Tao.
Soft Power Leader™ “l’art martial pacifique du Leader”
Le Tao signifie la Voie, l’axe central “d’où tout part et tout revient” :
Vivre en harmonie avec l’univers et avec soi-même, intérieurement comme extérieurement. Tout acte que je pose, toute décision que je prends, considère et envisage un impact bénéfique pour toutes les parties prenantes, pour l’environnement, l’humain, la nature.
C’est avec cette troisième voie, que le leadership devient éthique et partagé : c’est une énergie constructive qui mobilise la paix, l’intelligence collective au service d’innovations à impacts positifs, pérennes et agiles.

6. Pour conclure
Bref, le Soft Power Leader = l’art martial pacifique du leadership est un oxymore qui prend tout son sens.
Lorsque la troisième voie est choisie en plein alignement avec celle du Tao, l’esprit de la médiation permet de générer une culture vigilante du « gagnant-gagnant », grâce à un leadership transversal, qui crée des ponts entre les écosystèmes tels les 7 mondes selon Luc Boltanski (financier, marchand, civique, industriel, connexionniste, domestique, opinion, inspiration).
Le Soft Power Leader ou le Soft Power Leadership, n’est pas un leadership mou, c’est un style de leadership humble et courageux, incarné qui dissout les enjeux de pouvoir stériles au profit d’un projet commun renouvelé. Non pas « contre », mais « Avec ». Il nécessite de se remettre à une forme de gymnastique de l’intelligence : de s’assouplir, de muscler ses soft-skills endormies, de respirer et prendre de la hauteur, et de gagner en sang-froid et discernement pour maintenir l’équilibre, créer du lien et danser avec les vents contraires. La peur est incompatible avec cette voie, son moteur est de faire de cette émotion un désir constant de créativité, d’innovation à tous les niveaux, en faisant de l’intelligence humaine son fer de lance. Soft Power Leader™ est bien donc un véritable “l’art martial pacifique du Leader”
Et c’est dans cette dynamique et avec cette philosophie de la médiation que nous engageons nos accompagnements en mode “test and learn” des équipes et des coachings de dirigeants.
Pour en savoir plus : www.cabinetmaelm.com
Maël Maisonneuve
Cabinet Maël M

