La communication relationnelle est la clef
Pour retrouver la paix, générer de l’équilibre, insuffler du respect, partager l’information et tisser la compréhension pour des relations saines, qu’elles soient professionnelles ou personnelles. C’est une clef de voûte qui traverse toutes les soft-skills fondamentales au leadership opérationnel et managérial pour partager sa vision, créer de l’adhésion, obtenir des résultats et fonctionner en équipe.
Sans écoute point de salut : déconnexion, malentendus, quiproquos, effets de zèle, jeux de pouvoir, conflits et autres réjouissances en termes de retour sur non-investissement humain. Sans écoute, impossible d’entendre les signaux faibles, les besoins, les risques.
Il suffit de s’interroger sur les causes de l’accident Challenger : si l’ingénieur Roger Boisjoly avait été entendu sur les risques des joints toriques, l’équipage serait encore en vie. Si l’équipe des dirigeants avait écouté et entendu ce qui se jouait en eux-mêmes à ce moment-là au niveau émotionnel (peur de ne pas être dans les délais, peur de décevoir si report du lancement etc.) alors ils auraient pris une autre décision.
La communication relationnelle passe par un soft skills à la base de toutes, il ne s’agira pas ici de savoir parler, d’éloquence, d’argumentation, ou de capacité à convaincre mais d’écoute. Une posture de réception qui paraît simple sur le papier, mais dans la réalité c’est une tout autre affaire.
L’écoute, on commence par soi-même !
Oui ! La base de la communication, comme de la gestion de l’information, c’est avant tout d’être bien à l’écoute, et cela va au-delà d’une simple disposition, c’est une véritable compétence qui se muscle !
C’est plus qu’une question de politesse ou diplomatie, c’est un art qui demande de l’acuité. Écouter sans entendre est un biais, écouter en interprétant, un autre parmi tant. On aura beau faire tous les plus beaux séminaires du monde, dérouler des slides à gogo, essayer de convaincre pour créer de l’adhésion, rien ne marchera si je ne commence pas à faire le point avec mon écoute et cela commence par moi-même.
- Si je m’écoute, alors je peux être en résonance avec l’autre
Comment savoir écouter les autres, si je ne sais pas m’écouter moi-même? Comment entendre ce qui se joue chez l’autre, si je n’identifie pas ce qui se joue chez moi? Comment entendre le cadre de référence de l’autre (son monde de culture, d’éducation, de valeurs, de conditionnements) si je n’écoute pas le mien?
Être à sa propre écoute est donc la première chose à faire pour y entendre les résonances, sans jugement et pleine acceptation. La nature humaine est ainsi faite que nous sommes toujours en miroir avec l’autre et avec notre propre histoire.
- Si je m’écoute alors je peux prévenir et gérer les risques
Si mon rapport à la peur et au risque n’est pas résolu ni apaisé dans mon histoire personnelle ou professionnelle, si j’ai vécu des injustices ou des accidents de la vie, et si mon désir de contrôle envahit mon engagement professionnel, comment puis-je écouter avec recul ce que me dit cet informaticien qui me fait remonter des informations de non-conformité ? Ou le représentant du personnel qui vient me parler de souffrance au travail ?
- Comment écouter et entendre si mon niveau de stress, d’anxiété est au maximum ?
- Comment écouter si je ne veux pas entendre ce qui se joue en moi à ce moment-là ?
- Comment écouter l’autre si je n’ai pas appris à m’écouter tant au niveau de mon mental qui me joue des tours ( “sois parfait” , “sois fort”, “ce n’est rien, c’est faux” etc.) qu’au niveau de mes émotions?
- Si je m’écoute j’augmente mon intelligence émotionnelle
Si je n’apprends pas à m’écouter et à entendre ce qui se joue en moi, impossible d’accueillir la parole de l’autre avec discernement. “S’il me dit c’est ça, c’est parce que lui de toute façon il pense que…”. Les effets de projection, d’interprétation, de distorsion vont alors brouiller toute communication.
N’oublions pas que d’écouter son anxiété par exemple, comporte des avantages comme adopter une posture de sentinelle pour entendre les signaux faibles, comme le souligne le psychologue américain Todd Kashdan.
L’intelligence émotionnelle, l’intelligence relationnelle et de situation ne peuvent exister ni sans écoute, ni sans sagesse, ni conscience de soi : cela nécessite de bien se connaître. Sans écoute de soi, la fréquence radio avec l’autre se brouille. Sans écoute de soi, point de conscience de soi, premier pilier de l’intelligence émotionnelle (cf. Daniel Goleman).
En m’écoutant au moment où j’écoute l’autre, je peux alors ouvrir un espace de disponibilité pour l’autre en moi-même. L’écoute nécessite d’ouvrir un espace de réceptivité en soi, calme, dépoussiéré au mieux de mes biais cognitifs, de mes pensées. Souvent mes clients me disent “mais alors toi, lorsque tu écoutes, tu analyses tout ! ”. Ma réponse est “non, je t’écoute, je t’accueille avec ta parole, tes émotions, ton rapport à la vie, sans jugement ni interprétation”. Et même après 25 ans d’expérience, il m’arrive encore de ne pas être à l’écoute, car je suis fatiguée ou polluée par une forme de surcharge mentale. J’ai appris aussi à reporter mes moments d’écoute lorsque je ne puis le faire de manière sereine et ouverte, à m’écouter.
En m’écoutant, je protège aussi mon intégrité.
Lorsque je suis en relation avec l’autre, ma relation avec moi-même – en pleine conscience – me permet d’être à l’écoute de mes valeurs, de mes croyances, et de mes besoins. Être à l’écoute de l’autre n’est pas un acte où l’on s’oublie pour autant. En effet lorsque je dis oui à l’autre, je dois être en mesure de bien me dire oui en pleine symétrie, sinon c’est dissonant. Être à l’écoute de l’autre demande une pleine disponibilité d’esprit pour soi et pour l’autre, sinon il n’y a pas d’espace de rencontre possible.
- Combien de fois, dites-vous oui, alors que vous voulez dire non ?
- Combien de fois “laissez-vous couler” parce que vous êtes épuisé d’expliquer pourquoi vous n’avez pas envie ?
- Combien de fois vous craquez parce qu’au final vous ne savez même plus ce dont vous avez réellement besoin, si c’est juste pour faire plaisir ou parce que ça vous fait plaisir à vous (vraiment) ?
On se recentre, on respire, on se reconnecte au corps, et on s’écoute ! (Sinon on file droit dans le mur c’est garanti !) Ça s’apprend ! C’est une *Soft Skill* (compétence douce) qui se muscle et qui requiert une forme de discipline sage.
Avec ces clés, vous aurez la possibilité de connaître et de bâtir vos limites.
L’espace d’accompagnement en coaching par exemple permet de s’offrir une posture en recul pour mieux se reconnecter avec soi. S’approprier ces clefs, permet de retrouver calme, discernement, confiance et assurance. Il devient alors plus facile de faire des CHOIX vrais, alignés et justes, de prendre des bonnes décisions pour vous et avec les autres.
Alors OUI ! On s’autorise à exprimer calmement, à sentir en soi la justesse de ce qui se joue : est-ce que c’est oppressant dans mon corps si je dis oui ? Est-ce que c’est plus léger et vibrant si je dis non ?
Dire non est un acte de respect envers soi et donc envers l’autre. Lorsque je dis NON, je me dit OUI ! Lorsque je me respecte, alors je respecte l’autre.
En m’écoutant je peux accueillir l’autre
Lorsque je m’écoute avec bienveillance, j’ouvre naturellement un pont vers la bienveillance envers l’autre. Bienveillance étant entendue ici comme bien veiller sur la qualité de la relation à soi et à l’autre.
Il ne s’agit pas de s’écouter dans une dynamique narcissique ou égocentrique, car à partir de là je crée un espace autour de mon ego qui me coupe de moi et de l’autre. L’ego crée un masque protecteur qui n’est ni authentique ni sincère.
Lorsque je rencontre l’autre, je découvre sa planète
Son système de référence qui n’est pas le mien. Un autre rapport au monde. Naturellement lorsque je me mets en posture d’écoute, il est important à ce moment-là que je ne sois pas en posture d’analyse mais bien d’accueil, de curiosité et de questionnement pour comprendre l’autre, avec tolérance et respect. Je découvre sa planète tel un explorateur pour ensuite mieux créer des ponts.
Si je n’écoute pas au fond de moi les résonances, les grincements qui s’opèrent en moi, les interprétations que mon mental va générer, alors je biaise mon écoute réelle et je ne peux ni m’entendre ni entendre l’autre.
Souvent dans les organisations, lorsqu’apparaissent des conflits entre la direction et les équipes par exemple, chacun campe sur ses positions, et l’écoute disparaît complètement. Chacun défend sa position, sans écouter ce qui se joue réellement en soi. (Peurs de perte de contrôle de la situation, peur de l’imprévisible, peur de l’agressivité, colère et rancœurs, désir de fuir ou désir d’avoir raison comme d’imposer son point de vue, déconnexion avec les besoins réciproques et communs, déni etc.) cela va empêcher de créer un pont avec l’univers de l’autre et alimenter des risques en mode “cocotte-minute”.
Pour Conclure
Beaucoup de dirigeants ou de managers affirment être à l’écoute, alors qu’ils ne sont guidés que par leur propre perception de la situation et de la réalité. S’écouter : quels sont mes besoins réels dans cette situation, quelles sont mes valeurs, est-ce mon ego qui me guide ? Ma fierté ? Mon désir de garder la face ? Y a-t-il réellement un danger à écouter avec disponibilité ? À entendre les vrais messages pour permettre à mon organisation de devenir réellement apprenante ? Quel risque est-ce que je cours vraiment à créer du lien et à impulser une stratégie de coopération avec ceux que j’ai l’habitude d’affronter ?
Et si j’apprenais à m’écouter vraiment, à me faire confiance pour sortir de ma zone de confort et offrir un espace qui me permette d’accueillir l’autre pour insuffler une vraie stratégie win-win ? Et si j’apprenais pour voir ce que cela fait d’insuffler plus d’humanité en moi, pour moi et donc pour les autres?
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