Une question de réconciliation.
Désacraliser l’enjeu. “Le leadership” c’est un truc de mec
En cette journée internationale des droits de la femme, nous souhaitons mettre en lumière ce que nous observons souvent dans l’ombre de nos coachings de femmes dirigeantes ou politiques et dans ce rapport ambivalent avec le leadership.
Les femmes se l’approprient peu “une femme leader, moi?” souvent suivi d’un rire échappatoire presque gêné. Et puis la réponse ne se fait pas attendre : “le leadership c’est un truc de mec” , “Le pouvoir c’est pas pour moi, faire des ronds de jambes, se la raconter”, “déjà que je n’ai pas confiance en moi”, “on va me prendre pour qui?” “je n’ai vraiment pas envie de leur ressembler”.
Et puis, lorsque nous regardons de plus près le retour des observations en 360° des dirigeantes, un étonnement souvent partagé surgit des décalages entre la manière dont elles se perçoivent et le feedback qu’elles reçoivent. Elles sont plus souvent reconnues dans leur capacités tactiques au travail (comment obtenir des résultats opérationnels sur le court terme) au détriment de leur rôle stratégique.
Entre leur situation présente et leur situation désirée (ou non autorisée par elles-mêmes), il ressort un besoin de se réconcilier avec l’art de la stratégie et sa légitimité d’y participer en y impulsant plus de légèreté et d’accepter d’entrer dans l’arène des jeux de pouvoir en confiance.
Les raisons évoquées à ne pas y aller ou à se replier ?
Trop violent, trop stressant, non-maîtrise des codes et de la rhétorique, des soft-skills d’influence et de gestion de conflit comme des stratégies d’alliance. Comme si leur éducation ne les avaient jamais bien préparées. Et le sentiment de ne pas être écoutées, respectées et considérées sur des arguments stratégiques.
Pour se réconcilier avec le leadership: des croyances ressources à adopter d’urgence !
Être leader c’est quoi ?
C’est incarner et porter une vision pour emmener les équipes vers une destination , générer de l’adhésion, mettre en œuvre la vision et la suivre, obtenir des résultats et insuffler un management mobilisateur avec effet de cascade, fonctionner en équipe en 360°. Cela peut paraître abstrait mais c’est bien concret. C’est faire ce qu’on dit, être ce que l’on dit, dire ce que l’on fait, être ce que l’on fait.
C’est être Maître de la direction et du cadre. Être chef d’orchestre de la vision, de la régulation, à l’échelle de son territoire. C’est faire monter le leadership opérationnel de chacun dans son rôle.
C’est être en paix avec le pouvoir : le “pouvoir d’agir avec” les autres (et non “le pouvoir sur les autres”), avec l’autorité qui garantit le cadre (et non l’autoritarisme). N’oublions pas que l’autorité est ce qui autorise, avec ses gardes fous et la sécurisation psychologique. À quoi je dis non, à quoi je dis oui.
C’est s’autoriser à prendre la parole même si je ne suis pas experte de la question. “Je n’ai pas pris la parole en réunion parce que je n’avais que des experts autour de moi”. Sauf que voilà, les experts ont besoin de créer des ponts et de bénéficier parfois d’une vision plus “méta” avec une remise en perspective des enjeux et de la vision. Pour cela le leadership peut s’exprimer de plusieurs façons :
questionner “l’évidence”, reformuler pour créer des liens “entre les mondes” impulser un référentiel commun, pacifier en identifiant les points de convergence aider à croiser les approches, questionner sur la pertinence des priorités, faciliter une prise de décision consensuelle etc.
C’est oser prendre place dans l’espace de réflexion et de décision. Comme en témoigne Sheryl Sandberg dans son livre “En avant toutes”, si elle avait attendu l’autorisation qu’on lui donne la parole elle ne l’aurait jamais eu. Et puis face à des murs de monologue devant soi, qui à dit que “couper la parole” n’était pas vertueux pour recentrer le débat? À condition de savoir manier la soft skill de la communication non-violente : cela s’apprend. Si je ne prends pas ma place en conscience et en paix, à qui je la laisse au final ?

Trouver son style de leadership
À chacune son style de leadership. Certes les modèles féminins commencent à peine à prendre la lumière mais ce qui compte c’est de trouver le sien. Il y a autant de styles de leadership que de personnalités. Ce qui fonctionne c’est la congruence : c’est à dire en alignement. Là où ça coince c’est lorsqu’il y un conflit de valeurs qui amènent certaines femmes à se suradapter aux modèles en place. Ne pas s’autoriser à être dans la sincérité de son “Ethos” au motif du risque de déplaire c’est faire mauvaise route. Car ce qui compte c’est de convaincre, c’est d’emmener l’entourage professionnel à voir les choses différemment et à fédérer. C’est une gymnastique qui s’apprend et cela peut être “léger”, agréable voire même “fun”: une forme de bienveillance envers soi pour créer de la coopération avec les autres.
Le leadership n’est pas normé : c’est une énergie humaine qui insuffle une vision, des comportements vertueux et des gardes-fous. Le leadership autorise autant l’apprentissage permanent, que l’innovation ou même le conformisme (le conformisme a ses bons côtés sur les questions de conformité-sécurité par exemple).
Il est autant possible d’avoir un leadership d’expertise qu’un leadership global et stratégique. D’être une leader introvertie ou extravertie.
Comment kiffer son leadership ? Plusieurs clés
Faire la différence entre “prendre un sujet au sérieux” et “se prendre au sérieux” : on se détend, et on se met dans une philosophie “d’apprentis-sage” continu, avec humour et auto-dérision en allant tester de nouvelles manières d’être et de faire.
Se réconcilier avec la stratégie en lisant “l’art de la guerre pour les femmes” de Chu Chin Ning.
Renouer avec la respiration, le pouvoir de son corps et faire de sos émotions sos alliées : oui c’est de l’intelligence émotionnelle que d’apprivoiser colère, agacement, peur, anxiété, tristesse, abattement. On passe ainsi de la réaction à la réponse adaptée à la situation et à l’enjeu.
Essayer la “paranoïa inversée” (terme de W Clément Stone) qui nous dit que tout ce qui semble s’abattre contre nous est un “complot” pour notre bien ! C’est comme le dit Charles Pépin dans son livre sur la confiance en soi : prendre confiance dans la vie.
Ecouter son intuition pour une action précise : aller chercher des informations pour prendre des décisions éclairées. L’intuition nous indique un besoin de discernement.
Investir sur soi parce qu’on le mérite! C’est salvateur de s’offrir un espace-tiers, extérieur, professionnel et sécurisé pour prendre du recul et faire émerger le meilleur de soi : trouvez-vous un.e coach digne de ce nom (doté d’un bon why, d’expériences et formations).
Rejoindre un cercle/club mixtes de co-inspiration et de co-développement entre pairs (et on s’ouvre vers l’extérieur de l’entreprise et s’engager dans la réconciliation hommes-femmes )
S’autoriser à croire en ses valeurs, à la puissance d’un leadership, à kiffer pour de vrai, à garder le cap et faire vibrer sa fierté d’en être arrivée là, et à célébrer ses victoires avec joie!
Pour les dirigeants hommes et femmes : soyez solidaires envers les femmes de votre organisation et investissez ! 😉

En cette journée d’égalité des droits entre les femmes et les hommes, ce qui est important c’est de rétablir l’équilibre de l’accès aux droits par le partage du leadership : soutenir les femmes à prendre leurs justes places pour enfin co-créer une nouvelle vision de la société avec les hommes, dans une logique de réconciliation humaine et sociale.
🐳 SOFT POWER LEADER n’est pas une légende mais bien une actualité vivante ! 👀 Si nous nous changeons nous même le monde change autour de nous.
🐛Se transformer en puissance et douceur c’est notre promesse vers un monde où chacun prend son Leadership avec éthique !
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Maël Maisonneuve

